Villes itinéraires (4) : Vienne : sur les pas de Mozart.


Mozart a voyagé en Europe durant plus d’un tiers de sa vie courte et intense. Vienne a constitué non seulement une étape de ses voyages, mais la ville où il habita dix ans et où il est enterré.

Proposer aux touristes de visiter Vienne en suivant les lieux de mémoire de Wolfgang Amadeus Mozart n’est certainement pas une originalité. Toutefois parmi la cinquantaine de villes européennes du réseau des « Voies de Mozart », itinéraire culturel du Conseil de l’Europe (°), Salzbourg et Vienne sont celles qui permettent de retrouver des lieux de vie publique, comme des lieux de vie intime du compositeur.




Des palais où l’on peut se faire une idée du faste des pouvoirs exercés par un prince-archevêques et par les Habsbourgs, y côtoient les architectures ostentatoires de la bourgeoisie montante et les témoignages de plus grande pauvreté du peuple. Mais Vienne dialogue avec Mozart tout au long de sa vie et nombre de ses lettres racontent cette ville comme on le fait aujourd’hui dans un blog de voyage (°°).

Elle constitue en 1762 une étape de rêve pour deux enfants prodiges, Wolfgang et Nannerl qui sont reçus à Schönnbrunn par l’Impératrice Marie-Thérèse.

En 1767 et 1768 ils y reviennent, mais les deux enfants sont atteints par la variole et se réfugient à Olmütz. Mozart compose "Bastien et Bastienne", entre les plaisirs de l’enfance qui s’évanouit et l’influence déjà perceptible des philosophes des Lumières. Il y reviendra pour une escapade fiévreuse avec son père en 1773 et s’y ressource aux accents des compositions de Josef Haydn ou de Christoph Willibald Gluck. Mais fin janvier 1781, suivant l’archevêque Colloredo, venu pour le décès de l’impératrice, il se fâche définitivement avec son « patron », démissionne et décide de vivre là par ses propres moyens.

D’abord logé par la famille Weber, il tente d’oublier son amour pour Aloysia et se marie avec une autre des filles de la famille, Constance, dans la cathédrale Saint Etienne. Ses compositions majeures naitront dans l’atmosphère de Vienne et dans l’admiration des œuvres de Johann Sebastian Bach, ou de Georg Friedrich Haendel, comme dans la complicité avec Da Ponte et Schikaneder.




On connaît le légendaire du Requiem, ainsi que de l’enterrement anonyme. De fait, au-delà de la  légende, la cérémonie à lieu à Saint Etienne et l’enterrement se déroule dans le cimetière de Saint-Marx, dans une fosse commune, comme il était d’usage depuis que Joseph II avait interdit pour des raisons sanitaires l’enterrement dans les églises et recommandait également de récupérer les cercueils. La crypte  de l’église Saint Michel, écrasée aujourd’hui par le voisinage de la Hofburg et que Mozart a fréquenté en voisin témoigne de la fin de cette pratique abandonnée.

En dehors des lieux que nous avons déjà cités, on peut visiter l’église Saint Pierre, joyau baroque situé près du Graben, où il joua de l’orgue, la Maison de l’Ordre des Chevaliers Allemands (Deutschordenshaus) et la Jahnscher Saal située au-dessus du Café Frauenhuber. Mais il faut rechercher patiemment les emplacements des treize immeubles où il vécut, dont beaucoup ont disparu et sont seulement signalés par une plaque.




Par contre, la Mozarthaus (°°°), située près de Saint Etienne au 8 de la Schulerstrasse, est le seul appartement de Mozart qui soit conservé. Il y passa du 29 septembre 1784 au 23 avril 1787 ses trois années les plus fertiles, tant du point de vue artistique que financier. C’est là qu’il écrit la « Petite Musique de Nuit » et « Les Noces de Figaro », d’où l’ancien nom de Figaro-Haus. La maison est devenue en 2006 un remarquable centre d’interprétation utilisant aussi bien des technologies informatiques que l’art de la maquette, des découpages ou des jeux d’ombres. Sa scénographie et son parcours tentent de faire oublier qu’en 1941 un musée y est inauguré par le national-socialiste Baldur von Schirach dans le cadre de la « Semaine Mozart du Reich allemand » afin de transformer le compositeur en emblème du Reich.

(°) Le réseau des Voies de Mozart a publié une carte intitulée « Sur les traces de  Mozart en Europe » en allemand, français, anglais et italien. Elle présente tous les voyages du compositeur et donne des informations pratiques sur les villes du réseau.

(°°) Le réseau a publié également l’ensemble des lettres de Mozart traduites en quatre langues. Un index permet de les rechercher par thèmes et villes.

(°°°) Mozarthaus Wien : http://www.mozarthausvienna.at


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