Mme Lydie Polfer : Ouverture à Strasbourg d'une exposition sur les Itinéraires culturels du Conseil de l'Europe
Allocution de Mme Lydie Polfer,
Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Etrangères du Luxembourg,
Président en exercice du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, à
l'occasion de l'inauguration de l'exposition sur les "itinéraires
culturels du Conseil de l'Europe" (Strasbourg, le 25 juin 2002).
Monsieur le Président
de l'Assemblée,
Monsieur le Secrétaire
Général,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
La notion d'itinéraire
nous ramène à l'époque des grands pèlerinages, dans une Europe jadis sans
frontières. C'est précisément cet espace de mobilité et de rencontre que nous
sommes en train de reconstituer en nous appuyant sur des institutions telles que
le Conseil de l'Europe ou l'Union européenne.
L'exposition sur les itinéraires culturels que j'ai le plaisir d'inaugurer aujourd'hui est un témoignage d'appréciation pour des projets et programmes qui correspondent parfaitement à la vocation humaniste et d'ouverture sur nos sociétés qui caractérise le Conseil de l'Europe. Les itinéraires culturels existants et ceux en devenir sont autant de repères de nos valeurs culturelles, intellectuelles et spirituelles en même temps qu'elles constituent autant d'expressions de notre patrimoine commun.
Citant l'itinéraire le
plus emblématique de tous, à savoir le "Chemin de St. Jacques deCompostelle", je puis situer le point de départ d'un programme
pluridisciplinaire et de plus en plus multiculturel au service des objectifs de
notre Institution de rapprocher toujours davantage les Européens.
Depuis le milieu des années 80, le concept des itinéraires culturels a su puiser dans la richesse et la diversité culturelle des Etats membres.
Si le patrimoine est
d'abord local et national - de par son positionnement - sa mise en valeur
relève en outre de la démarche transfrontalière et régionale, qui est
fédératrice et unificatrice en ce qu'elle fait comprendre aux peuples qu'il y a
bien plus d'éléments qui les réunissent que de facteurs qui les séparent.
Sur les années, nous avons été témoins de la définition de grandes routes ou "diagonales" régionales ou européennes, à l'image de celles qui font découvrir les grandes périodes de l'Art, de l'Industrie et du Commerce, de l'architecture, mais aussi les grands courants spirituels et religieux, et bien d'autres … qu'il serait vain de vouloir énumérer à cet endroit.
Permettez-moi tout de même de relever que l'exposition mise à disposition par le Service des Sites et Monuments luxembourgeois, sauf à mettre en évidence par exemple la politique des lieux de mémoire au Luxembourg, l'habitat rural dans la Grande Région SAR-LOR-LUX et la coopération bilatérale roumano luxembourgeoise en Transylvanie, contient des références fort intéressantes à la méthodologie des itinéraires patrimoniaux ainsi qu'à des thèmes tels que les fortifications en Europe, le patrimoine culturel en Europe du Sud-Est et le patrimoine religieux.
A cet égard, je souhaite mettre en exergue un itinéraire important en voie de réalisation, qui est celui sur le patrimoine juif en Europe.
A travers les générations, le judaïsme a laissé de nombreuses traces dans la culture européenne. Le patrimoine juif fait partie intégrante de notre l'histoire. Le projet d'itinéraire européen du patrimoine juif peut contribuer au processus d'éducation à la tolérance des citoyens européens. Il rejoint les objectifs des programmes des itinéraires tels que définis par le Conseil de l'Europe et mis en œuvre par l'Institut établi à Luxembourg, en valorisant le patrimoine culturel commun de tous les Européens.
Ce projet est rejoint de manière incidente - et le hasard fait bien les choses - par un autre projet, que nos amis espagnols ont souhaité présenter aujourd'hui, à savoir l'itinéraire de la langue castillane et son extension vers l'influence séfarade en Méditerranée. M'en félicitant, je laisserai le soin à la Présidence espagnole de l'UE de l'expliciter.
En référence à ma communication à l'Assemblée de ce jour, je reviens brièvement aux priorités de mon programme de Présidence pour rappeler le soutien constant du Grand-Duché aux programmes des itinéraires culturels, y compris par la création de l'Institut du même nom, installé à Luxembourg depuis 1997, et, surtout, par le biais d'une politique d'amplification et de mise en réseau paneuropéenne que nous préconisons pour l'avenir.
J'ai été informée des
discussions fructueuses qui ont eu lieu vendredi dernier dans le cadre d'un
atelier qui a fait le point des programmes actuels tout en tournant le regard
vers l'avenir pour explorer le potentiel d'un nouvel accord politique autour des
itinéraires culturels européens. Mes remerciements vont aux Etats membres qui
ont d'ores et déjà marqué leur soutien de principe, et plus encore, à ceux qui
se sont engagés à participer activement, sur leur territoire, à la mise en
réseau des grandes zones interrégionales d'Europe.
J'ai pris note avec la plus grande satisfaction de l'engagement concret signalé à ce stade par l'Arménie, l'Espagne, la Bulgarie et la Roumanie d'examiner la possibilité d'installer des centres de ressource régionaux dans le cadre d'un tel accord politique nouveau, accord qui se fonderait sur la transversalité inhérente aux domaines de la culture et du patrimoine, de l'éducation, de la jeunesse et du développement durable, d'une part, et sur la coopération intra-institutionnelle entre le Comité des Ministres, l'Assemblée parlementaire et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, de l'autre. Je sais gré au Secrétaire Général de son appui de principe.
Afin d'illustrer que
notre vision se situe dans le moyen terme, je vous informe que le gouvernement
luxembourgeois va incessamment confier à l'Institut des itinéraires culturels
une étude de faisabilité portant sur l'organisation, sous l'égide du Conseil de
l'Europe, tous les deux ans, d'un "printemps des itinéraires" qui se
composera d'un certain nombre de manifestations à travers l'Europe et qui
verra, à l'occasion de la partie de session de l'Assemblée de juin,
l'attribution de prix pour des itinéraires ayant particulièrement réussi à
transposer la philosophie à la base des programmes ou à un opérateur ou une
collectivité aux mérites évidents dans la mise en valeur d'un élément de
patrimoine. Ces manifestations seraient lancées à partir de 2004, année qui
correspond au 20e anniversaire de la recommandation de l'Assemblée
sur la politique des itinéraires culturels, au jubilaire de l'itinéraire de St.
Jacques de Compostelle et au cinquantenaire de la Convention culturelle
européenne.
Les domaines couverts par la politique des itinéraires que je viens d'évoquer constituent des atouts du Conseil de l'Europe par rapport à d'autres institutions. Leur valeur ajoutée et porteuse d'avenir n'est plus à prouver. Vous invitant à en tirer le meilleur parti, je déclare ouverte l'exposition sur les itinéraires culturels du Conseil de l'Europe.







Commentaires
Enregistrer un commentaire